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Implications du COVID-19 sur l'enseignement supérieur

La pandémie du Covid-19 a entraîné une pause inédite de l'économie française et à travers le monde. Bien qu'il y ait beaucoup d'incertitude quant aux implications à venir pour l'économie et notre avenir, TrouveTaVoie travaille avec un éventail de partenaires, incluant des universités, des entreprises, des associations professionnelles et des acteurs publics pour déchiffrer les nouvelles réalités de l'emploi et des compétences. Dans cet article, nous vous faisons part de quelques observations eu égard les impacts économiques attendus, et dressons un tableau préliminaire des implications et opportunités pour le secteur de l'enseignement supérieur.


Bref aperçu sur les conséquences économiques observées


Nul n'ignore à présent qu'une des plus fortes récessions de l'histoire récente est annoncée suite à cette crise sanitaire que nous venons de vivre. Toutefois, cette récession n'étant pas provoquée par des problèmes économiques structurels, il est possible que l'économie rebondisse, bien que cela soit difficile compte tenu de l'ampleur du choc et des transformations profondes que connaissent certaines industries.

L'impact et l'aspect de la reprise économique seront différents selon les régions, car les économies locales ne sont pas homogènes à travers le pays. Par exemple et en exploitant nos données temps réel sur le marché du travail, si nous comparons deux régions de taille similaire en termes de population : les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine (environ 5.9M d'habitants), nous pouvons immédiatement remarquer une nette différence en termes de recrutements, la Nouvelle-Aquitaine affichant 2x plus d'offres que les Hauts-de-France.


L'agenda et la nature de la reprise seront manifestement déterminés par l'évolution des politiques gouvernementales en réponse à l'épidémie, par l'éventualité d'un reconfinement suite à une seconde vague ou par les diverses restrictions en vigueur. Vraisemblablement, plus longtemps ces conditions restrictives et incertaines se maintiennent, plus lente, complexe et impactante sera la reprise, à la fois sur le marché du travail, sur l'insertion et sur l'enseignement supérieur.


De toute évidence, un nombre de secteurs industriels devra faire face à des réorganisations structurelles. C'est le cas de l'hôtellerie et les loisirs, ainsi que les voyages ou encore le tourisme, qui sont directement touchés par des mesures comme la distanciation sociale ou la réglementation des voyages internationaux (suspension de vols, quarantaine exigée, etc.).


Aussi et à première vue, les métiers peu qualifiés sont les moins résilients aux effets économiques de la pandémie. Les réels impacts, plus spécifiques, sur l'ensemble des métiers et des compétences demandés sur le marché seront observés surtout une fois les aides gouvernementales aux entreprises levées (chômage partiel, financements de trésorerie, etc.).


En somme, entre la crise elle-même, les conséquences au niveaux des politiques sociales (y compris la santé publique) les politiques économiques (questions des Supply Chains, priorités industrielles et énergétiques, etc.), puis les effets à l'échelle mondiale, les prochaines années devraient connaitre des changements durables. Cela signifie qu'en cette période, l'adaptabilité deviendra probablement la compétence la plus importante, que ce soit à l'échelle des individus ou des organisations. C'est pourquoi la requalification et l'apprentissage tout au long de la vie deviendront particulièrement déterminants vis-à-vis des métiers les plus durement touchés par la récession, mais également pour éviter l'installation d'un chômage de longue durée.


À mesure que l'économie change, l'enseignement et l'orientation seront amenés à changer avec elle, en adaptant les cursus et les approches aux nouvelles exigences du marché du travail.


Réalités et opportunités escomptées pour le secteur de l'enseignement supérieur


Compte tenu des réflexions précédentes sur la tournure que prend l'économie, comment les universités peuvent-elles envisager l'avenir, s'apprêter à la fois à gérer les risques imminents et à saisir les nouvelles opportunités ?


Les étudiants évoluant dans des voies professionnelles et des programmes dans des secteurs/industries susceptibles d'être durement touchés, comme l'évènementiel, l'hôtellerie et le tourisme, doivent être en mesure de mettre en avant les compétences et les connaissances que le marché recherche en ce moment, qui pourraient notamment être transférées vers d'autres fonctions clés au niveau de l'industrie même et au delà (i.e. compétences utiles à digitalisation des conférences, à la plateformisation de la restauration, etc.). Les universités doivent suivre l'évolution de la demande des compétences afin que leurs programmes soient pertinents du point de vue "employabilité".


Les étudiants ont besoin de compétences transférables qui soient solides et recherchées par les employeurs, afin d'être le plus possible en mesure de naviguer entre des secteurs et des rôles différents, surtout lorsqu'ils sont sur le point d'aborder un marché du travail incertain. A ce titre, les universités ont la responsabilité d'identifier les compétences transférables les plus pertinentes pour les étudiants par rapport à leurs projections de carrière, probables ou souhaitées, et veiller ainsi à ce qu'elles soient développées dans les programmes d'enseignement et d'orientation.


De plus, les universités développent des milliers de cours sous forme de modules, qui peuvent être facilement transformés en capsules courtes, pas nécessairement certifiantes, permettant d'aider les étudiants et apprenants à s'adapter rapidement, acquérir de nouvelles compétences et apprendre de nouvelles méthodes de travail, et ainsi, être mieux armés pour trouver un nouvel emploi. Ces capsules de cours peuvent être dispensées en ligne, comme toutes les universités s'y sont habituées, via un enseignement conforme aux exigences de la distanciation sociale, et pourraient aussi être mises en avant via les Career Centers des établissements ainsi que les associations d'Alumni.


Enfin, les entreprises doivent innover non seulement pour survivre, mais aussi pour prospérer dans ce nouvel environnement. En tant que centres d'innovation, de recherche (R&d) et d'échange de connaissances, les universités pourraient, en cette période de crise, consolider leurs liens avec les industries ainsi que leurs partenaires locaux en vue d'aider à développer de nouvelles technologies et pratiques commerciales porteuses d'opportunités, dans une approche qui doit aller au-delà des revues scientifiques pour impacter réellement les communautés en matière de développement et d'emploi.


Le rôle décisif de l'information en temps réel sur les tendances du marché du travail


Tout cela suggère une perspective turbulente pour l'économie, présageant de nombreux défis en particulier pour les acteurs de l'enseignement supérieur. Les problématiques de financement et de concurrence deviennent plus urgentes que jamais, et les universités peuvent s'attendre à ce que les étudiants et le gouvernement soient plus sélectifs et exigeants quant aux moyens et approches mis en œuvre en vue de préparer les compétences et la carrière des diplômés dans une économie désormais fluctuante. En d'autres termes, si les universités ne comprennent pas à temps le marché du travail pour lequel elles préparent des compétences, ainsi que l'évolution qu'il peut avoir au fur et à mesure, elles seront certainement exposées à de sérieux risques, notamment en matière de crédibilité et d'attractivité.


Dans ce contexte particulièrement troublé, baser les choix, les décisions et l'offre de l'enseignement supérieur sur des données actualisées et fiables devient nécessaire et primordial, notamment pour permettre et faciliter l’accès des étudiants, enseignants, centre de carrières (Career Centers), etc. à l’information en temps réel sur l'évolution du marché, des métiers en croissance ainsi que les compétences en demande, résilientes et transférables.


Pendant cette crise et grâce à ses données temps réel sur les tendances du marché du travail, TrouveTaVoie a été bien positionnée pour accompagner les équipes "carrières" des établissements d'enseignement supérieur cherchant à mieux orienter les étudiants et nouveaux diplômés face au nouveau marché du travail incertain. Cette intégration des données dans les processus d'orientation est un exemple parlant sur la manière dont les universités peuvent s'adapter aux défis à venir, de mieux comprendre et de s'engager avec leurs réalités locales et régionales, adapter et revaloriser leurs formations, tout en continuant d'attirer les talents nationaux et internationaux. Il existe là une réelle opportunité pour ces institutions de confirmer leur rôle sociétal et d'agir concrètement en faveur de la relance et de l'emploi.


Techniquement, il s'agit de collecter, analyser, croiser et exploiter les données existantes (+50k offres d'emploi publiées sur les job boards en France, les données publiques de l'INSEE, Pôle Emploi, etc.), à travers une architecture intégrée et harmonisée, et des intelligences artificielles adaptées, à la croisée de l'offre de formation, des métiers, des compétences, des indicateurs du marché du travail et des spécificités territoriales. Les systèmes de TrouveTaVoie permettent d’apporter une vue globale et granulaire sur les compétences et les tendances du marché de l’emploi, capables de suivre l’évolution des besoins et ainsi informer les politiques de formation et d'orientation.


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